Le monde entier est face à un double défi : redéfinir les relations humains-planète et les relations des humains entre eux

Il y a urgence !

Réchauffement climatique, gaspillages, épuisement des ressources naturelles, pollutions, génèrent ou accentuent des fléaux frappant des centaines de millions d’êtres humains y compris dans les pays riches : pauvreté, faim, non-accès à l’eau potable, analphabétisme, épidémies, exodes. Les activités humaines sont en train de changer les conditions fondamentales de la vie sur terre. Les risques sont connus. Ils sont documentés scientifiquement. L’avenir de l’humanité est inséparable de celui de la  planète.

La terre objet physique dans l’espace, qui a déjà connu de grands bouleversements depuis 5 milliards d’années, trouvera d’autres équilibres. Mais la vie sur Gaia ? Nous les humains, qui n’avons occupé la planète que durant 0,004% de ce temps, nous contribuons en quelques siècles à détériorer les écosystèmes et mettre en péril notre survie.

Chercheurs, ingénieurs et techniciens, professeurs, cela veut dire que nos métiers, nos conditions de travail, nos aspirations sociales doivent être pensées comme indissociables de notre engagement face à ce double défi.

 « Je dépends intégralement de la vie des autres. Ce que je sais et ce que je pense je le dois à l’Homme et je me découvre membre d’une communauté humaine. Ma valeur consiste à le reconnaître. » Einstein.

Ce qui est en jeu, c’est la volonté politique des États. Conformément à leurs engagements, ils doivent mettre en œuvre les processus de réduction immédiate des gaz à effet de serre. Nul ne le conteste. Cela appelle l’intervention des citoyens dans le monde entier. Les divergences qui subsistent sur telle ou telle conclusion dans l’ordre scientifique n’autorisent ni l’indifférence ni l’inaction des décideurs. Ni celle des citoyens. De telles divergences ont toujours existé.

Dans la voie ouverte par les lanceurs d’alerte, nous invitons les travailleurs scientifiques et leurs organisations, tant syndicales que professionnelles, à agir pour :

1)      Ajuster l’activité humaine aux systèmes naturels et anticiper la survenue des problèmes.

2)      Produire autrement en économisant les ressources naturelles et en développant les énergies renouvelables, tout en répondant aux besoins fondamentaux de toutes les populations humaines.

3)      Organiser la croissance des uns et la décroissance des autres, par la sobriété, la chasse aux gaspillages, la gestion équilibrée des matières premières et surtout par la priorité donnée aux besoins publics, communs à tous.

Cela implique de :

4)      Réorienter fondamentalement les choix politiques et économiques. C’est notre devoir, en tant que scientifiques de combattre cette croyance quasi religieuse en la toute-puissance des marchés financiers.

5)      Réduire les inégalités extravagantes de revenus et de patrimoines pour l’injustice qu’elles représentent mais aussi pour les gâchis et atteintes à l’environnement qu’elles entraînent. Nous soutenons l’idée d’un impôt mondial sur le capital.

6)       Rebâtir des instances internationales disposant des moyens politiques et financiers permettant de maîtriser un développement soutenable et une croissance plus justement partagée.

Il ne reste qu’un an avant la 19ème Conférence climat,
qui se tiendra à Paris en 2015. Il y a urgence !

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *