L’accomplissement de l’objectif de développement durable 2030 n°4 de l’ONU présuppose le développement d’une éducation de qualité, basée sur la production et la dissémination d’un savoir scientifique solide et vérifié. Ce savoir doit être accessible au plus grand nombre, afin de contribuer à l’élévation du niveau et au développement de l’esprit critique de la population. Aujourd’hui, la révolution numérique ouvre de nouvelles possibilités d’accès au savoir et de son utilisation à des fins d’éducation et de recherche. Ces avancées ne sont pourtant pas acquises : les grandes entreprises d’édition, compagnies lucratives, exercent des pressions intenses à tous les niveaux, afin d’obtenir des limitations d’accès et d’asseoir ainsi leurs profits. Le savoir scientifique devient un enjeu dans un marché mondialisé.
Nous, scientifiques réunis à la 22e AG de la FMTS, reconnaissons l’importance capitale d’une science ouverte, considérée comme un bien commun, et non soumise aux intérêts du capital. Le libre accès aux produits et aux données de la recherche (publications, bases de données et autres ressources numériques) est l’un des fondements de l’éducation et de la culture indispensables à la société. Nous soutenons les efforts engagés par un certain nombre de pays et d’institutions publiques scientifiques pour ouvrir des portails numériques aux connaissances « Open Access » et nous engageons à soutenir leur expansion. Nous appelons toutes les agences de l’ONU, et notamment l’organisation mondiale pour la propriété intellectuelle (WIPO World Intellectual Property Organisation) à travailler pour accomplir les objectifs de développement durable, ce qui inclut des règles garantissant un accès équitable aux ressources éducatives et scientifiques.
Nous, scientifiques réunis à la 22e AG de la FMTS à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, haut lieu du savoir en terre d’Afrique, insistons particulièrement sur l’ouverture du savoir scientifique à chacune et chacun, dans tous les pays du monde et notamment dans le Sud. Le développement par et pour l’Afrique, thème de notre Symposium, ne sera possible que grâce à un effort inédit de partage et d’échange, de libre circulation du savoir au lieu de la libre circulation des capitaux et des marchandises, préjudiciable pour les économies locales. La connaissance n’est pas une marchandise. Ne la laissons pas entre les mains des monopoles. Défendons la « bibliodiversité » qui est une forme de « biodiversité » y compris linguistique.

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